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Histoire d’étude

La tache mystérieuse

Dans l’industrie comme dans nos maisons, on aime quand c’est propre. Alors quand des taches mystérieuses apparaissent, il faut faire quelque chose.

Le client d’aujourd’hui se plaint de taches qui sont apparues à l’intérieur de ses moules d’extrusion. Le problème, c’est qu’on ne sait pas de quoi sont composées ces taches. C’est là que notre équipe entre en scène. Un moule d’extrusion, c’est grand… trop grand. Pas question de faire les tests directement dessus, d’autant plus que cela peut coûter plus d’une centaine de milliers d’euros. Un échantillon de la tache est récupéré « à l’ancienne », en frottant dessus avec un chiffon (c’est parfois ça la chimie). Le premier lot d’échantillons vient d’arriver, nous allons pouvoir commencer.

Les tissus sont découpés en morceaux puis analysés par fluorescence X. Cette technique consiste à bombarder la matière de rayons X, ce qui va provoquer une excitation des éléments qui vont réémettre un rayonnement. Cela permet d’identifier les différentes espèces présentes sur le tissu. En comparant avec un tissu témoin, on devrait pouvoir identifier les espèces chimiques que contient la tache. En complément, nous passons les échantillons en diffraction des rayons X (DRX). Cela permettra d’identifier la structure cristalline des molécules de la tache, si elles sont sous forme de cristaux.

Machine de DRX
Machine de Fluorescence X

Les résultats sont… difficiles à analyser. Les spectres obtenus ne révèlent pas grand chose, quelques espèces chimiques mais rien de significatif, il faut aller plus loin !

Un deuxième prélèvement est effectué. Cette fois-ci, un des chiffons est mouillé avec de l’eau. Un élément qui a son importance. En effet, la tache est visible sur le chiffon mouillé, ce qui n’était pas le cas sur un chiffon sec. De plus, les tissus sont passés aux UV pour recueillir un maximum d’informations.

Échantillons observés sous lampe UV

Bien qu’invisible à l’œil nu, nous voyons sous UV la présence de taches sur les échantillons contaminés. Il semble d’ailleurs y avoir une plus grande quantité sur le tissu mouillé, qui a été séché en amont. Passons ces nouveaux échantillons à la fluorescence X et à la DRX. En parallèle, nous allons également ajouter une observation au Microscope Électronique à Balayage (MEB). Cette observation sera couplée à une analyse EDX. Comme pour la fluorescence X, on va envoyer des rayons X sur l’échantillon et observer le rayonnement secondaire. Néanmoins, le faisceau du MEB est concentré sur un point bien précis contrairement au faisceau plus large de la fluorescence X.

Substance inconnue observée au MEB

Avec tout ça, nous avons pu obtenir des informations ! Pas autant que nous l’espérions certes, mais quand même. Les différentes analyses sont concordantes entre elles et les différentes espèces chimiques ont pu être identifiées. Il est impossible d’affirmer avec certitude les espèces responsables de cette tache. Cependant, les informations recueillies permettent d’émettre plusieurs hypothèses : la plus probable est que la tache soit tout simplement issue du vieillissement du moule. Aucune des hypothèses ne fait toutefois état d’une substance dangereuse, toxique ou gênante pour l’activité de l’entreprise. C’est donc suffisant pour clore l’étude.

Parfois certaines questions restent sans réponse. Un chercheur aurait refait d’autres analyses, aurait décortiqué cette tache jusqu’à être sûr de sa composition. En industrie, ne pas savoir n’est pas un problème… tant que cela ne cause pas de problèmes.

Auteur : Elouan Heurard

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